Woodenwidget

images à cliquer

dimanche 12 août 2018

Dernière étape

      Nous avons acheté une vignette pour une journée de navigation puisque nous allons de Mortagne du Nord à Bassin-Rond et que tout le trajet est en France. 68,5 €, pour une journée, disons que ce n’est pas donné, mais on se doute que ce n’est pas avec nos contributions de plaisanciers que VNF peut entretenir les énormes écluses de l’Escaut. 
Nous sommes partis tôt ce matin car la route est longue. Il pleut. Il pleut de plus en plus fort tout au long de la journée et, autant le dire tout de suite, la pluie ne s’arrêtera vraiment qu’après notre arrivée. Au départ, nous sommes seuls sur un large fleuve, mais bientôt nous serons rattrapés par des commerces. Dit comme ça, ça n’a l’air de rien, mais quand on est comme le matelot, quand l’eau n’est pas votre élément préféré et que la taille des trucs qui flotte vous impressionne, ça fait quelque chose.

Comme ça, on ne dirait pas…


… mais c'est vraiment gros !
Nous voilà bons derniers pour passer la première écluse. Il y a deux péniches de 60 m. et quelques et une de 90 m. et quelques de long. Les écluses ici étant d’une longueur de 140 m, il nous reste de la place. Très vite, l’Aude, propriétaire hollandais, nous propose de nous mettre à couple. Ça nous évite de rester sous la pluie à tenir les amarres. Sympa ! On s’amarre sur leurs bollards et on va se mettre à l’abri. L’Ivanka monte, comme l’écluse se remplit, en même temps que les péniches. Et ça permet de papoter un peu avec les voisins. 

À couple dans l'écluse.
C’est une première pour nous de naviguer de conserve avec des commerces et de bassiner avec elles. Avec un peu d’imagination on pourrait se croire aussi gros qu’elles !

Naviguer de conserve en convoi : on se sent moins seul.
Le commerce de gauche est avalant alors que nous sommes montants.
Hélas, pour la dernière écluse, surprise : une grosse encore plus grosse – doit bien faire dans les 11 m de large ! – attendait déjà pour prendre l’écluse et là, la place manque même pour une petiote comme l’Ivanka. Qu’à cela ne tienne, nous attendrons, à couple du Popeye qui ne fait que 65 m. Petite causette avec le jeune patron qui nous parle de ses problèmes professionnels. Il semble qu’en ce  moment il y ait du fret pour les péniches, mais il y a deux ans il devait téléphoner à 20 ou 30 clients potentiels avant de trouver du boulot…

Là-bas, vous la voyez la grosse mémère ? Il nous faudra attendre.
Et puis voilà. Nous sommes arrivés. Huit heures de navigation. Belle journée. Nous sommes crevés. 
Ça c’était hier. Ce matin nous sommes venus retrouver notre place dans le port du chantier fluvial de Jean-Marc Debacker, une entrée au chaussepied, qui s’est bien passée malgré un petit vent frais.

Ça rentrait vraiment juste, juste !
À propos du proverbe qui dit qu’on a souvent besoin d’un plus petit que soi l’inverse peut être vrai. En revenant de faire des courses à Bouchain (3 km en vélo par le bord du canal) j’aperçois entré dans le canal de Saint-Quentin, un beau voilier qui semble immobile. Du pont j’interpelle le skippeur : Un problème ? Comme il est Suédois (d’après son pavillon), il m’explique avec les mains que son bateau est coincé sur un atterrissement comme on dit en fluvial, c’est-à-dire un haut-fond, généralement boueux. Comme il semble chercher une solution à son problème, les marche avant-marche arrière n’ayant rien donné, je me permets de lui conseiller d’aller frapper (attacher) une amarre sur un arbre de la rive pour ensuite se déhaler dessus. Cette rive étant un peu loin et comme je ne sais pas s’il a la longueur de filin nécessaire à cette opération, je pars jusqu’au chantier, dépose mes courses sur l’Ivanka et retourne avec un long filin vers le voilier coincé. En arrivant, je découvre que le Suédois a de la chance : un freyssinet (40 m de long) emprunte aussi le canal ce qui est de plus en plus rare aujourd’hui. La péniche s’arrête et en amarrant le voilier par le nez le sortira sans difficulté de sa colline de boue. Cela m’a rappelé le jour où, au sec sur la rive gauche de la Saône en légère crue, c’est un freyssinet qui nous a sorti de ce mauvais pas. Moralité : On a parfois besoin d’un bien plus gros que soit.

Une motte de boue bien collante peut vous gâcher la journée.


Mais tout est bien qui finit bien. Les Suédois garderont un bon souvenir
Et voilà, la route est finie. Jason n’a pas trouvé la toison d’or et nous n’avons pas trouvé la fraîcheur belge, mais nous avons apprécié la gentillesse calme des Belges et le canal Blaton-Ath, avec ses éclusiers aléatoires, est agréable à naviguer. Les vaches Bleu blanc belge nous ont épatés par leurs rondeurs porcines et les canards plongeurs m'ont laissé sans voix tandis que Gina nous a attendris par sa fraîcheur octogénaire. Nous allons quitter les Hauts de France maintenant que la canicule a cessé et je parie que chez nous, en bas, on sera écrasés de chaleur. C’est la vie !… 

Aucun commentaire: