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vendredi 8 août 2014

(7 août) Éclusier bavard = retard

Décidément, ce voyage est celui des rencontres et des retrouvailles. Aujourd’hui nous accueillons Brigitte et Jean-Paul. Des gens daterre, des vrais. Brigitte, que je connais depuis des siècles, a remonté le Nil au cours d’une croisière, plus un court passage sur le canal du Midi il y a quelques années. Et Jean-Paul, fluvialement tout neuf, prêt à découvrir la vie sur un canal.

Après quelques hésitations, nous avons décidé qu’un tour sur le canal du Loing serait plus représentatif qu’une balade sur la Seine.

Nous voilà donc partis pour une journée sur le Loing, sous un ciel gris, une brume qui disparaît très vite, puis, hélas, un soleil lourd et brûlant. Bon, c’est le mois d’août, hein ?

Faut bien que je m'occupe des invités !
Les écluses sont très lentes en ce moment. VNF est en train de les automatiser et seule une vantelle (petite trappe sur les portes d’écluse par où l’eau entre ou sort) au lieu de deux. Conséquence, le sas se vide plus lentement. Beaucoup plus lentement.

Si lentement qu’au retour, étant avalant, nous entrons dans une de ces lentes écluses. L’éclusier qui aime communiquer (c’est-à-dire qui est bavard), ce qui est agréable, commence à nous parler, et de la situation de VNF et de la situation de la France (mon pauv’monsieur) et de sa famille, et de l’éducation qu’il a donné à ses fils dont il est fier… En attendant, nous sommes l'un et l'autre près d’une manivelle censée ouvrir les portes aval. Le sas est presque vide. Pourtant, chaque fois que nous voulons tourner la manivelle, elle refuse de bouger : il y a quelques centimètres de différence de niveau de chaque côté des portes aval et donc, on ne peut pas les ouvrir. On bavarde, on pousse, rien. On bavarde, on pousse, rien. On bavarde, on pousse, rien…

Dans les écluses, il y en a qui travaillent et d'autres…


Finalement, l’éclusier se pose des questions. C’est bien long quand même… Il lève les yeux parce qu’un autre bateau avalant est apparu au détour du canal et c’est là que, regardant les portes amont il s’écrie : Ah ! bien sûr, j’ai oublié de fermer la vantelle amont !… ce qui veut dire que l’eau entrait en amont au rythme où elle sortait en aval. Risquait pas de les ouvrir ses portes !


Moralité : si vous êtes pressé, ne papotez pas avec l’éclusier.

Nous serons amarrés au ponton à gauche. Moret-sur-Loing.

mercredi 6 août 2014

Enfin !…

Enfin, depuis le temps qu’on en rêvait !
Ce n’était pas de la jalousie, on était content pour les autres, mais à force de passer et de repasser devant, on en bavait presque. Et maintenant, ça y est, on y est, on a trouvé une place, nous sommes amarrés à Moret !

C'est serré, mais ça rentre.

Amarrés à Moret, vous vous rendez compte ?
Non, vous ne pouvez pas. Il faut avoir espéré, attendu, guetté, désiré, souhaité, vouloir, s’arrêter à Moret et découvrir, à l’ouverture des portes aval de la dernière écluse du canal du Loing que toutes les places sont toujours prises, pour se rendre compte de notre chance.

Amarrés à Moret, amarrés à Moret, ça pourrait être un refrain, non ? Mais n’insistons pas, restons modestes, ne faisons pas de jaloux. Jouons-le serein : oui, nous sommes amarrés à Moret, et alors ? Ce n’est pas la peine d’en faire un plat.


D’ailleurs, ça a failli ne pas se faire. Partis tôt de Montereau nous arrivons à Saint-Mammès où nous attend notre ami Herbert (le Suisse au canoé jaune). Ça vous plairait d’aller à Moret ? Tu parles !… Laurette, la capitaine du port, donne son accord, nous indique dans quelle place nous pourrons nous faufiler puisqu’un bateau vient d’en partir. Larguez les amarres ! nous voilà remontant le Loing sur 3 km entre deux rangées de péniches toutes plus belles les unes que les autres, certaines dans une état d’abandon qui fait peine. Nous arrivons devant l’endroit qui nous attend… quand une petite vedette nous passe sous le nez et nous prend la place ! C’est un Hollandais, petit, trapu, presque carré, le genre bourru solitaire que nous avons déjà croisé à Montereau. Nous mettant momentanément à couple d’un autre bateau, nous débarquons Herbert qui va lui expliquer le problème. D’abord en français, puis en allemand, puis traduit en hollandais, l’individu finit par comprendre qu’il a pris indûment une place qui nous est réservée. Hélas, bourru, acariâtre et rude, il récalcitre et regimbe ; il faudra attendre l’arrivée de Laurette pour que les choses retrouvent leur place. Ouf ! ça y est, nous sommes amarrés à Moret.

Après l'effort, le réconfort.
Un peu de tourisme, quand même…