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lundi 30 juillet 2018

Ath - Lessines - Ath

Ath.
Difficile de juger d’une telle ville en été. Soit vous êtes à Nice, Arcachon ou Sarlat, noyés dans le flot ébahi des estivants, touristes et autres baigneurs bronzant, soit vous êtes dans une ville du nord de la France ou de la Belgique, dont la moitié des habitants est partie à Sarlat, Arcachon ou Nice. Un magasin sur deux est fermé. À Ath, ce sont tous les boulangers qui ferment en même temps. Pas certain que ce soit une bonne idée : donner au client l’occasion de découvrir que le pain de la grande surface proche n’est pas meilleur peut-être, mais pas plus mauvais que le sien…
Donc l’été, Ath est une ville calme, surtout lorsque le thermomètre monte à des hauteurs qui nous font tourner la tête. Si calme que, pour prendre un exemple au hasard, l’office du tourisme est fermé le lundi et n’ouvre qu’à 10 h 00 les autres jours. 
Comme la majorité des villes du nord, Ath est une ville rouge, c’est-à-dire aux maisons de briques. L’église Saint-Martin vaut le détour avec de belles sculptures Renaissance et surtout une orloge (sans h) à une seule aiguille (d’où l’absence de h, sans doute) originale. La grande fête de la ville est un défilé de géants en carton pâte qui se tient à la fin août.
A-t-on vraiment besoin de 2 aiguilles ?
En arrivant sur le port, long quai encombré d’arbres à papillons et de ronces aux fruits mûrs, je découvre un beau voilier, démâté bien sûr, mais à l’allure intrigante. L'australien capitaine du Gratis nous éclaire : son bateau a été construit sur les lignes du Spray, le voilier de Joshua Slocum, premier circumnavigateur en solitaire que tout amateur de voile connaît.   Le Gratis a  déjà deux tours du monde à son actif, dans un sens et dans l’autre  ! Il en   est à   la moitié de son troisième puisque ses propriétaires actuels sont venus d’Australie pour découvrir l’Europe par les canaux. Pour ceux qui veulent en savoir plus sur ce voilier et ses voyages : http://www.gratisaustralis.com/et pour découvrir  Joshua Slocum : https://www.wikiwand.com/fr/Joshua_Slocum
Copie moderne du Spray de Slocum

Sinon, les gens sont toujours aussi charm... Oups, j’allais oublié ! Mais la température commence à nous fatiguer sérieusement (sur tous les plans) et si ça fait beaucoup rire les Athois et les Athoises lorsque je leur dis que nous sommes venus chez eux pour chercher la fraîcheur, nous ça nous laisse froid, si je puis dire.
En revanche, ce qui fait  plaisir c'est de découvrir la manière écolo d'arroser les fleurs municipales : deux juments, deux panneaux solaires, un chien flemmard et quatre employés municipaux. Superbe et folklorique !

Les chevaux sont deux : comptez les pattes !

Lessines
Nous sommes allés jusqu’à Lessines. Pour dire que nous ne nous sommes pas rendus sans lutter. Mais là, nous nous sommes avoués vaincus. Soleil trop fort, air trop brûlant, trop c’est trop, nous avons décidé d’arrêter là et de demi-tourner comme dit le matelot. Surtout que naviguer dans une eau verdâtre et mousseuse – la chaleur paraît-il – n’est pas engageant du tout.
Ça fait beaucoup de verts ! Heureusement que l'herbe est jaune !

En attendant, puisque nous sommes à Lessines… Cette ville a indéniablement un passé industriel dont les ruines imposantes donnent sans doute  une faible idée. Mais ce sont des ruines, brique et acier, toits écroulés, rouille et arbre à papillons, paysage vaguement romantique et triste, – et sale. L’attraction  de la ville : L’abbaye Notre-Dame de la Rose, le mieux conservé des hospices médiévaux européens, dit la brochure. Grands bâtiments et succession de salles pleines d’outils chirurgicaux anciens et de portraits de religieuses. Faut aimer, surtout à 12 euros l’entrée par personne. En revanche, le jardin de plantes médicinales est très intéressant mais sans ombre et par ce temps de chien, je veux dire caniculaire, je n’ai même pas essayé d’y entrer. Fabi, que la passion des plantes pousse parfois à faire des folies, n’a pu tenir que quelques minutes. Nous nous sommes consolés en dégustant une bonne glace au restaurant du lieu à l’ombre d’un tilleul multicentenaire. 
Lessine est la patrie du peintre Magritte et du poète Scutenaire. Deux surréalistes. L’imagination leur a sans doute sauvé la vie, mais le poète en est resté pessimiste  !
Lessines et ses ruines.
27 juillet
Partis dès huit heures (ouite heures, comme on dit ici) nous sommes revenus à Ath, pour retrouver le quai orné d’arbres à papillons (il paraît que ces plantes-là n’aiment pas l’eau) et de ronces aux grosses mûres bien sombres qui tâchent le pont du bateau si l’on marche sur celles qui y sont tombées. Autant les manger : délicieuses. Nous avons retrouvé l’antre accueillante de Christophe, c’est-à-dire la capitainerie-brasserie, club de billard, sombre et frais. 

Et nous avons décidé de partir pour le week-end visiter Bruges en profitant des tarifs de train réduits de moitié le week-end.

lundi 23 juillet 2018

Blaton - Mons - Ath


Celle-là on ne nous l’avait jamais faite. Ils ne voulurent pas de nous ! 
Peruwels (Pérué) jardin portatif. Y poussent même des carottes !
Drôle d'allure ce canard, non ?
Quelqu'un sait pourquoi ?
Partant à 9 h 00 de Peruwelz, nous arrivons une heure après à l’entrée du canal de Blaton-Ath dans lequel nous entrons non sans avoir appelé au télépone ( la VHF est si pratique qu’on préfère ne pas l’utiliser…) le service des écluses qui, après renseignement auprès du chef, s’excuse de ne pas pouvoir nous accueillir. Nous sommes débordés, nous avons plusieurs bateaux avalants et ne pourrons pas nous occuper de vous de toute la journée ! Amarrez-vous au quai d’attente, sous le pont, et je passerai vous donner des nouvelles plus tard.
Sous le pont ? Pardon, mais en France nous ne nous amarrons jamais sous un pont. C’est interdit pour des tas de raisons. Je sais bien que nous sommes en Belgique, un autre pays où Carrefour ne reconnaît pas ses cartes de fidélité françaises ( l’a entendu parler de l’Europe le patron de Carrefour ? Les euros sont différents d’un côté de la frontière à l’autre ?…) mais nous hésitons à nous amarrer sous le pont désigné, surtout en découvrant, au ras de l’eau, une lame de béton horizontale prête à déchirer toute coque qui voudrait s’y frotter de trop près. De plus, il n’y a qu’un seul bollard ce qui n’est pas idéal pour amarrer un bateau de 14 m de long.
Tout cela pour vous expliquer pourquoi nous avons décidé d’aller jusqu’au port de Mons, trois heures de route plus loin, en espérant que demain on voudra bien de nous ici.
À Mons, amarrage sur un quai « visiteurs » un peu pourri, pas de bollards pour s’amarrer mais de minces anneaux métalliques qu’on ne peut pas saisir avant d’avoir sauté à terre. Des bornes électriques un peu décadentes (une sur deux fonctionne). En bruit de fond une autoroute. Pas génial, mais proche d’un centre commercial où je pourrai peut-être trouver de l’huile pour la vidange prochaine du moteur.

Mons. Quai des visiteurs. 
Restaurant proche mais calme.
Et, remarquables au milieu de ces péripéties, le calme et la gentillesse de tout le monde. Notamment la responsable du port, serviable et charmante. On vous demande constamment :  ça va ? Traduction française : OK ?

Encore un exploit

Un exploit certes, mais un exploit à notre mesure de retraités en vacances. Notez que cela fait deux inoccupés nonchalants. Pourtant hier, 20 juillet, nous avons réussi !
Nous avons réussi à être acceptés dans le canal Blaton-Ath. Comme me l’a expliqué un éclusier aussi wallon que charmant, ce canal connaît de plus en plus de succès et compte de moins en moins de personnel. D’où la difficulté d’y accéder.
Pour arriver vers 11 h 00 à l’entrée du canal il a fallu nous lever à 6 h 30 avant de parcourir la distance Mons - entrée du canal que nous avions parcouru hier dans l’autre sens. À propos, Mons est un immense plan d’eau où s’ébattent écoles de voile et jet-skieurs. 
Arrivés donc à l’entrée du canal, on nous invite à y entrer en compagnie d’un plaisancier anglais, et commence la longue escalade de l’échelle d’écluses, dix en tout pour monter jusqu’au bief de partage, suivies de quatre pour avaler (descendre) jusqu’à la halte de Ladeuze. Soit une journée de dix heures sous un ciel heureusement gris, une pluie fraîche et une température civilisée. Dix heures. Des vacances, vous dis-je ! La soirée fut brève et le sommeil long et réparateur. 

Enfin des écluses à taille humaine : 40 m x 5 m


Et des ponts-levis qui nous rappellent le canal du Nivernais,
mais ici ce sont les éclusiers qui le lèvent.

Le 21 juillet, Fête nationale de la Belgique,  que nous célébrons en ne faisant rien. Des pécheurs nous encadrent; deux cannes devant quatre derrière. Ils sont trois, sympathiques, nous leur offrons un café frais ce qui crée des liens. 


22 juillet, les éclusiers ne nous avaient rien promis, sinon de faire de leur mieux, ce qu’ils firent. À 14 h 30 nous quittons la halte de Ladeuze et nous arrivons à la ville d'Ath deux heures et demi plus tard. Le port est au pied de la gare, monumentale comme souvent depuis Valenciennes. La capitainerie, située à 300 m dans un immense bâtiment qui fait aussi buvette, club de billard et, en ce qui nous concerne, connection wi-fi. La fraîcheur qui y règne est la bienvenue. Et Christophe, le capitaine du port est… charmant et chaleureux, comme tout le monde ici, mais je vais arrêter de le signaler, on va croire qu'on me paie !

Pour les curieux, voici la carte du voyage :

Départ : en bas à gauche. Après Valenciennes, première à gauche, première à droite et première à gauche. Puis retour. Facile, non ?