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dimanche 6 avril 2014

Des sardines, oui, mais des bonnes !…

     Vous l’avez sans doute remarqué, si tout va en s’améliorant dans le monde, il n’en va pas de même dans le domaine de la sardine à l’huile. Le seul progrès notoire est l’ouverture des boîtes qui ne nécessite plus de clé spéciale, toujours égarée au dernier moment au fond du mauvais tiroir.
Pourtant, ce qui était il y a quelques décennies un plat délicat, savoureux, raffiné, qui faisait le bonheur des petits et des grands, n’est plus, très souvent, qu’une conserve insipide quand elle n’est pas carrément mauvaise. Qui n’a jamais découvert, en enroulant le couvercle de la boîte, de ces sardines sèches, dont parfois la chair de queue a disparu, lamentables au point qu’à les mâcher on se prend pour un chat famélique de dessin animé.
     Eh bien, qu’on se le dise, cette période sombre est terminée. Tout ça s’est fini ! Le pire est derrière nous ! L’avenir de la sardine à l’huile redevient ce qu’il aurait toujours dû être, radieux : J’ai rencontré à Chagny (à Chagny, en Bourgogne, pays du Charolais !…) un sardinologue émérite, M. Prigent.
     Je n’en ai rien dit jusque là parce que je voulais d’abord goûter. J’ai goûté…

Voilà, c'est ça des sardines de sardinologue !


     C’est comme reculer de cinquante ans, se retrouver en culottes courtes (oui, ne riez pas les djeunes, nous portions des culottes courtes pendant longtemps ; aussi ridicules que vos panneaux publicitaires ambulants, mais pas plus), et nous mangions de booooonnnnnes sardines comme celles de M. Prigent. Et je n’ai goûté que la marque personnelle de la poissonnerie Kerogan qui en propose des dizaines d’autres.
    Bon, le prix n’est pas le même que celui des boîtes de supermarché, certes, mais disons que c’est l’équivalent d’une plaquette de blanc de poulet dont on n’est jamais certain de la provenance ni de la nourriture qui l’a fait croître.
     Alors ? Quand on se souvient du bon goût des sardines à l’huile d’antan, ne vaut-il pas mieux en manger deux fois moins qui sont deux fois meilleures ? On peut passer commande : keronan@sfr.fr.
Publicité gratuite, monsieur Prigent, sardinologue de la poissonnerie Keronan, prépare aussi une lettre d’information électronique qui ne saura manquer de nous mettre l’eau à la bouche.

Et ce n'est pas le choix qui manque.


mardi 25 mars 2014

Canal du Centre


       Une nuit de pluie diluvienne plus tard, nous avons quitté Chalon pour embouquer le canal du Centre.   
Après les grands horizons de la Saône, entrer dans un canal fait tout drôle. On se sent à l’étroit, coincé entre deux berges qu’on dirait parallèles mais qui se rejoignent à l’horizon, alors allez savoir… Et puis, il y a les écluses. Sur une rivière, la Saône par exemple, on peut faire vingt kilomètres avant de rencontrer une écluse immense dans laquelle on entre les yeux fermés, mais sur un canal…
     Sur ce canal, la première écluse nous monte à 10 m. En trois jours, nous monterons 138 m en 36 écluses. Ce canal serpente dans une campagne agréable, comme tous les canaux, mais celui-ci serpente à un point tel qu’on se demande si les ingénieurs qui l’ont tracé savaient où ils allaient ! J’aime bien, parce qu’au-delà de chaque courbe, que va-t-on trouvé ?
Première écluse, 10 m. On a vu pire. Mais elle n'est pas engageante : il faut pénétrer dans ce grand trou noir…

Un bollard flottant, ça fait sourire, parce qu'il n'y a qu'à tenir…


     En général on trouve une écluse, bon, mais sait-on jamais !… Oh ! des écluses on en trouve. Avant-hier, pour terminer la montée vers le bief de partage (la partie la plus haute du canal), nous avons parcouru, en 5 heures, 18  km, passé 19 écluses et monté de 75,15 m. Ce n’est plus de la navigation, c’est de l’alpinisme ! Comment voulez-vous aller vite dans ces conditions (vite, c’est-à-dire entre 6 et 8 km/h, vitesse limite sur un canal) ? Surtout que plusieurs écluses font 5, 20 m de dénivelé. C’est-à-dire que lorsqu’un éclusier n’est pas là pour vous aider, il vous faut grimper à une échelle verticale (devinez qui grimpe),

Quand je dis vertical…
Hein ? 5 mètres, quand même…

aller tirer une ficelle ridicule, mais bleue (la rouge c’est pour les accidents) puis redescendre en vitesse le long de la même échelle verticale pour aller tenir votre amarre, heureusement capelée sur un bollard flottant qui monte en même temps que le niveau de la bassinée. 

On le voit que ça monte, non ?


Jusqu'à dominer les toits !

Un peu de tourisme : Le village de Chagny vous propose, en plus d'un restaurant trois étoiles au Michelin et d'une bonne quinzaine d'autres moins étoilés, un œuvre contemporaine qui mérite le déplacement. Elle est posée sur la place de l'église. Voilà.

je ne vous donne pas le nom de l'auteur…

C'est un bloc octogonal d'acier de 2 m de haut,  2,40 m de diamètre,  qui pèse 57 tonnes. Conçu spécialement pour cette place. C'est une œuvre. Voilà.