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vendredi 22 juillet 2016

Ça y est !

Ça y est, la chaleur est là. Contents quand même de ne pas être dans le Sud-Ouest, mais il fait vraiment très chaud. Demain, je sors le ventilateur pour pouvoir piloter à mon aise.

Ça y est, nous sommes partis. Après un an de séjour à Corbie, même si nous avons fait quelques excusions, à Amiens, à St-Valéry-sur-Somme, cela fait douze mois que l’Ivanka était corbéenne. Il paraît que certains murmuraient que nous étions en train de nous encroûter, de nous sédentariser, de nous enraciner. Mauvaises langues ! Nous sommes partis, et toc !

Nous garderons de très bons souvenirs de cette charmante petite ville. Sa mairie à la Walt Disney, son immense église amputée, son « Simply market » à proximité, son office du tourisme avec la souriante Sylvie, son théâtre où nous avons vu un bon spectacle de Philippe Genty et un film (et où bientôt, on passera « Ma Loute », les pauvres !…), et surtout, surtout, le « chemin du halage », la promenade des chiens qui nous a permit de lier amitié avec Liliane (Gaïa et Mouna) et Andrée (Jimmy, dit Paillasson), de connaître Annie « j’aime les chênes » et Laurent le Picard dont on ne comprend pas tout. Nous nous souviendrons aussi d’Alain et de Fabienne du Peter Pan, qu’ils ont vendu pour redevenir un peu daterre, (mais heureusement, il leur reste un bateau, le Bonheur, tout un programme !), d’Anita et Claude du Sillage et de Bente et Kurt, les Danois de Corbie sur leur superbe Aslaugh (à louer !). Tous gens de rivière, toujours prêts à rendre service. 

Nous sommes donc partis  ce matin 18 juillet en embarquant Andrée qui avait envie de se balader. Elle descendra une dizaine de km plus loin et rentrera en vélo. Navigation tranquille, chaleur écrasante (pour les Hauts de France !). RAS. 
Devinez qui est la passagère !
Nous avons profité de n’être pas trop loin de la mer pour manger des salicornes. Vous connaissez ? le capitaine a découvert cette plante « maritime » il y a quelque temps et l’a beaucoup appréciée. Mais attention, à partir d’une certaine date, la salicorne vieillit et – comme tout le monde, té ! –elle durçit à l’intérieur. À acheter en mai et  juin ; jusqu’à fin juillet dernier délai !
Tout ce qui est vert, c'est bon. Le centre jaune… c'est dur.
Et nous sommes sortis de la Somme, pratiquement un an après y être entrés. On a bien aimé et je l’ai écrit au responsable que j’ai eu sur l’internet. À  recommander. 

Nous nous sommes arrêtés à Péronne, en plein soleil, le jour le plus chaud de juillet, parce que le port, y a pus !

jeudi 7 avril 2016

illusion ?

Edgar Morin, dont je viens de finir Où va le monde ? (à recommander sans restriction ; je le prête en eBook sur demande) a sans doute raison qui écrit : La plus grande illusion est de croire connaître le présent parce que nous y sommes.
Bien.
Mais quid du passé ?
C’est justement la question que nous nous posons ces jours-ci : Dans notre passé fluvial, avons-nous connu printemps aussi mauvais ? Dans notre mémoire la réponse est non, mais n’est-ce pas une grande illusion de croire se souvenir du passé parce que nous l’avons vécu ?…
Froid, venteux, pluvieux, grêleux, avec certes quelques intervalles ensoleillés entre deux cumulus, mais ce printemps n’incite pas à la vie en plein air. Comme remarque insidieusement l’équipage : « Heureusement que nous ne naviguons pas ! ».
En effet, la question centrale se pose toujours : notre troisième tentative pour arriver à Saint-Valéry-sur-Somme sera-t-elle couronnée de succès ? Voici l’état de la question : Le faucardage à notre ouest ne se pratique qu’après Abbeville. La navigation étant ouverte sur la Somme depuis le 1er avril, nous pouvons quitter Corbie et avancer jusqu’à cette étape-là qui connaît déjà des activités ornithologiques, spécialité de la région au printemps. Ainsi, dès le faucardage terminé, le 15 du mois, nous pourrons continuer la route jusqu’à notre but. Mais l’avis à la batellerie interdisant la navigation pour cause de faucardage étant en vigueur, le personnel qui s’occupe des écluses ne peut être d’astreinte et la navigation le samedi et dimanche est interrompue, – jusqu’au 15.

Nous pensions partir de Corbie jeudi et rejoindre Abbeville en trois petites étapes, mais si c’est pour rester coincés sur une halte au milieu de nulle part pendant le week-end, autant rester ici, d’autant plus que la météo a annoncé, avec raison, quelques jours particulièrement venteux. Donc, en résumé, nous partirons lundi.

Marcher sous l'averse, plaisir printanier.

M. et Mme Pinson. Monsieur est là-haut, plein de couleurs.
En attendant, balades entre deux averses, balades sous une averse, comptage des chiens en promenade, papotage avec leurs maîtres, nourrissage d’un couple de pinsons, petit bricolage, lecture, écriture, un peu de radio, un peu de télé (en pointillé, par WI-FI), un film enregistré parfois le soir (dont deux navets deux soirs de suite)… La vie continue.


Pour finir sur une note optimiste



dimanche 16 août 2015

Passerelles

Si ce n’est pas le canal, c’est la rivière, si ce n’est pas la rivière, c’est le lac, si ce n’est pas le lac, c’est l’étang, si ce n’est pas l’étang ce sont les hortillonnages d’Amiens : s’il y a de l’eau partout, vous êtes dans la vallée de la Somme. Le paradis des pêcheurs.

Et forcément, dans un tel pays, que ce soit pour rejoindre votre jardin ou votre hortillonnage, vous utilisez votre passerelle. L’arrivée à Amiens est ponctuée de ces constructions qui vont de la plus archaïque à la plus moderne, de la plus modeste à la plus prétentieuse, de la plus élégante à la plus moche. Jugez plutôt.













vendredi 7 août 2015

En Somme, enfin !

Non, non, je ne dis pas enfin ! parce que le chemin fut rude, le temps maussade, la circulation excessive, les pannes nombreuses, les écluses innombrables, les éclusiers acrimonieux et atrabilaires (quoiqu’il y en ait un…), pas du tout.

Au contraire, la voie fut douce de Rouen jusqu’à Péronne, le temps plutôt agréable si l’on excepte une ou deux journées excessivement chaudes comme les aiment le Parisien à la plage, la circulation tranquille et les grosses péniches de transport ou de passagers de la Seine ne nous gênèrent jamais vu la largeur du fleuve, les ennuis mécaniques furent absents (… un instant : je touche du bois du fer et du singe pour conjurer le mauvais sort – recette haïtienne éprouvée), les écluses largement espacées comme toute écluse de rivière qui se respecte, les éclusiers invisibles et polis, agréables parfois (quoiqu’il y en ait un…) et nous avons toujours trouvé une halte où nous arrêter quand nous le voulions. Ce fut un beau voyage, en somme.

Je dis En Somme, enfin ! parce qu’il nous a fallu six ans pour y arriver. C’était notre deuxième année de navigation. Après un hiver un peu rude où la glace avait enserré dans ses bras frigides la pauvre Ivanka qui patientait dans le port de Cergy-Pontoise, nous étions impatients de repartir au gré des méandres. Direction : la Somme ! J’avais téléphoné au numéro indiqué pour demander des instructions ; sans succès. Préparatifs rapides (je crois que c’est cette fois-là où j’ai oublié la clé pour démarrer et qu’il a fallu les doigts magiques de l’ami Philippe – toujours le même dans ce coin-là et toujours là quand il faut – pour arriver à démarrer !) et nous voilà partis. Je téléphone illico derechef. Toujours rien, pas de répondeur. Donc je me tourne vers ma documentation et découvre que la Somme n’ouvre qu’un mois plus tard !… Et voilà pourquoi nous allâmes découvrir Reims et la Marne.

C'est à ça : la forme des bollards, qu'on reconnaît qu'on est sorti
du domaine de la VNF !
Voilà pourquoi aussi, ce matin 5 août 2015, je peux écrire, enfin ! car, partant de Péronne qui expose les horreurs de la Grande guerre dans les restes d’un château médiéval, nous sommes arrivés devant la première écluse de la Somme et, pour la première fois depuis toujours, nous entrons dans un canal français qui ne dépend pas de la VNF. Émotion. Nous voici arrivés à Cappy, notre première étape. Vaches beuglantes, coq chantant, pêcheurs concentrés, lacs mystérieux. La campagne picarde. En Somme, quoi, enfin !